LA REPENTANCE

"Don Divin ou œuvre humaine"



Connaître l'angoisse de voir son enfant se perdre par sa propre désobéissance et le voir revenir de son égarement, voilà une joie que tous les parents dans cette situation aimeraient connaître.

Ramener à Lui pour leur bonheur ses enfants égarés est le dessein permanent de Dieu.
"Dieu use de patience envers nous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous parviennent à la repentance." (2 Pierre ch.3 v.9).

D'abord un peu d'étymologie.

Le mot grec qui se traduit par repentance est "metanoia /metanoia", il signifie un changement de vie, de mentalité, d’intention, d’avis, de conception des choses, de comportement.
C'est aussi la tristesse qu’on éprouve d'avoir commis envers d'autres personnes de mauvaises actions, d'avoir transgressé des règles d'étique morales ou sociales.
La Bible parle de péchés et de la culpabilité ressentie d’avoir offensé Dieu.

La repentance est un don de Dieu A trois reprises dans le Nouveau Testament il est dit que Dieu donne la repentance. (Actes ch.5 v.31 – ch.11 v.18 – 2Timothée ch.2 v.25).

Ce don est pour tout homme qui accepte par le Saint-Esprit la lumière sur lui-même et sur sa nature de péché (Jean ch.16 v.8).
Ni les épreuves, ni les souffrances, ni les meilleurs prédicateurs, ne sauraient convaincre une âme de péché et l’amener à la repentance. Jésus-Christ lui-même lors de son ministère terrestre n'a pu lors de sa prédication infructueuse à Bethsaïda et à Chorazin donner la repentance (Luc ch.10 v.13)
Seul le Saint-Esprit a la puissance de le faire en révélant à l’âme la sainteté et l’amour de Dieu ; alors il l’amène vaincue et brisée au pied de la croix. C’est là la vraie repentance, celle qui fait dire : "J’ai péché contre le ciel et contre toi." Luc ch.15 v.18 – Job ch.42 v.5,6 – Psaume 51).
Cette repentance fait aussi l'objet des prières du "Fils de l'homme" devant le Père intercédant en faveur de ceux qui doivent hériter du salut (Romains ch.8 v.34 - Hébreux ch.7 v.25).

Elle est source de joie dans le ciel (Luc ch.15 v.7)
Elle glorifie Dieu (Apocalypse ch.. 11 v.13).

Le repentance est une invitation de Dieu

"Méprises–tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance ?"(Romains ch.2 v.4)
"Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir," (Actes ch.17 v.30), faisant de cet objectif, le centre du message que le Christ lui-même confie à ses disciples : "Alors il leur ouvrit l’intelligence pour comprendre les Écritures. Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour et que la repentance en vue du pardon des péchés serait prêchée en son nom à toutes les nations à commencer par Jérusalem. Vous en êtes témoins. Et voici : j’enverrai sur vous ce que mon Père a promis, mais vous, restez dans la ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut." (Luc 24: 45à49).

Toutefois ce que Dieu ordonne, il le donne. Nous ne pouvons par nous-mêmes produire la repentance, elle est un don de Dieu. Don qui se manifeste par le don de son Esprit à la Pentecôte pour annoncer ce message, mais également pour le recevoir par une conviction de péché. En effet sans conviction de péché, la repentance est une œuvre humaine : "Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement : en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus ; le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé." (Jean ch.16 v.7à11).

La repentance est une obligation

Dans sa justice, Dieu a fixé un jour de jugement pour tous les hommes, petits et grands, rois et esclaves, pauvres et riches, de toutes nations et de toute époque.
"Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d’après ce qui était écrit dans ces livres." (Apocalypse ch.20 v.12).

Il jugera le monde avec justice (Actes ch.17 v.31) et chaque créature sera jugée en fonction de cette repentance et de la position qu'il aura prise vis-à-vis de Christ :
"Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps." (2 Corinthiens ch.5 v.10).
"Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu." (Apocalypse ch.20 v.15)

En vu de ce jugement, Dieu, "qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité" (1Timothée ch.2 v.4), plein de bonté envers sa créature "use de patience envers vous, ne voulant pas qu‘aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance" (2 Pierre ch.3 v.9).
Il désire ardemment les péchés soient pardonnés et effacés par le sacrifice expiatoire de la croix. "Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem." (Luc ch.24 v.47,48).

La part de l'homme dans la repentance

Si la repentance est une action divine dans le cœur de l'homme, on pourrait en conclure qu'il suffit d'attendre son bon vouloir pour être "touché par la grâce".

Il se trouve que Dieu a mis dans le cœur de l'homme deux lois intangibles mais bien réelles et présentes en chacun de nous :

- La première c'est la pensée de l'éternité.
Nous vivons comme si nous ne devions jamais mourir un jour.
L'Ecclésiaste dit "J’ai vu à quelle occupation Dieu soumet les fils de l’homme. Il fait toute chose bonne en son temps ; même il a mis dans leur cœur la pensée de l‘éternité, bien que l’homme ne puisse pas saisir l’œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu’à la fin." (Ecclésiaste ch.3 v.10,11).

- La deuxième, c'est la conscience.
Conscience que nous avons en chacun de nous, qui nous perturbe et que nous cherchons à faire taire ou à apaiser. "Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux–mêmes. Ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour." (Romains ch.2 v.14,15).

Ces deux choses, conduisent l'homme à chercher du secours face à la mort qu'il sait inéluctable et face aux "mauvaises actions" qui empoisonnent sa conscience. Face à cette situation, l'homme manifeste soit de l'humilité et l'amour de la vérité, soit de l'orgueil et l'affection des œuvres mauvaises.

Aussi quand Dieu rencontre dans le cœur de l'homme, l'humble désir de la vérité et de la justice, son Esprit-Saint, peut convaincre de péché et accorder la lumière qui révèle l'amour et la sainteté de Dieu le Père créateur.

Il y a de fausses repentances.

- De pure forme, toute extérieure, qui n’est pas celle du cœur humilié et contrit. Celle dénoncée par Jésus dans sa parabole du pharisien et du publicain (Luc ch.18 v.10à14.) Celle que le prophète Joël dénonçait : "Déchirez vos cœurs et non vos vêtements. Revenez à l’Éternel, votre Dieu, car il fait grâce, Il est compatissant, lent à la colère et riche en miséricorde" (ch. 2 v.13).

- Centrée sur l'ego, inspirée par la peur et qui regrette plus les conséquences du péché que le péché lui-même. Plus motivée par la peur de la condamnation que par l'offense faites à Dieu et dénoncée par Jean le Baptiste "voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, il leur dit : Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ?" (Matthieu ch.3 v.7 - Luc ch.3 v.7).

- Superficielle qui s’humilie de l'acte "péché", mais non l'état de "pécheur", comme par exemple Pharaon (Exode ch.9 v.27à34 – ch.10v.16à20).

- Temporaire, suscitée par une circonstance, elle est sans racine profonde, comme avec Achan. (Josué ch.7 v.19,20) ou le Gouverneur Félix (Actes ch.24 v.24à27).

- Inconsistante qui ne va pas de la racine du mal jusqu'à la source pour obtenir le pardon. Elle conduit souvent à un acte désespéré comme le suicide, ou la fuite en avant dans les excès divers. Comme Judas. (Matthieu ch.27 v.3à5) ou Simon le magicien (Actes ch.8 v.18à24).

Toutes ces repentances non issues de la conviction de l'Esprit-Saint mais d'un raisonnement et d'un calcul humain, ne produisent que douleur et tourments; elles ne peuvent porter des fruits pour Dieu, "En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort." (2Corinthiens ch.7 v.10).

Les dimensions de la vraie repentance

Comme nous venons de le voir c'est "une repentance à salut dont on ne se repent jamais". Pour cela il faut une repentance vraie, profonde, sincère, provoquée par l’action du Saint-Esprit, qui rencontre le désir sincère du pécheur conscient qu'il a offensé dieu par sa conduite et sa manière de vivre.

Cette repentance-là n’est pas un fait isolé dans le temps, une circonstance émotionnelle qui ne se rencontrerait qu'une seule fois dans la vie, mais elle a une durée, une profondeur, une dimension étendue dans plusieurs directions.

- Dimension intime, qui touche à la nature même de l'âme (psychologique) comme celle prêchée par Jésus-Christ ( Matthieu ch.15 v.8 à19). Elle touche les sentiments du cœur et les purifie. Au-delà de la repentance des actes de péché, elle vise les mobiles secrets du cœur pécheur. Elle engage aussi les actes à venir et permet de "produire du fruit digne de la repentance" (Matthieu ch.3 v.8 - Luc ch.3 v.8).

- Dimension sociale comme celle prêchée par Jean le Baptiste (Luc ch.3 v. 3à20), Elle parle à la conscience et signifie : examine ta vie, ta conduite, tes relations avec les autres, tes actes sociaux et tes paroles, "O homme, qui que tu sois, toi qui juges, tu es donc inexcusable ; car, en jugeant les autres, tu te condamnes toi–même, puisque toi qui juges, tu fais les mêmes choses." (Romains ch.2 v.1)

- Dimension spirituelle. Celle prêchée par les apôtres (Actes 2 v.14à40). Elle détrône le moi et donne à Christ toute la prééminence, sa vraie place d'Agneau de Dieu. C’est la repentance qui mène à la croix (Galates ch.2 v.20) et permet à l'âme de s'élever, purifiée dans la présence du Seigneur et Sauveur : "Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire, de sa chair, et puisque nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu, approchons nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure." (Hébreux ch.10 v.19à22).

- Dimension ecclésiale, c'est-à-dire dans notre appartenance au corps de Christ, se solidarisant avec les autres et leur péché (Esdras ch.9 v.5à15 - Daniel ch.9 v.4à20), "Portant les fardeaux les uns des autres, et accomplissant ainsi la loi de Christ." (Galates ch.6 v.2) , "accueillant celui qui est faible dans la foi, sans discuter des opinions," (Romains ch.14 v.1).
Car "nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres" (Romains ch.12 v.5), "afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres." (1Corinthiens ch.12 v.25).

D'excellentes raisons de repentances

Comme dans les reproches que l'Esprit fit aux églises dans l'Apocalypse :
- La perte du premier amour ! à l’église d’Ephèse (ch.2 v. 4,5).

- Un christianisme mélangeant diverses doctrines ! à l’église de Pergame (ch.2 v.14à16).

- La permissivité face aux exigences de la Sainteté ! à l’église de Thyatire (ch.2 v.20,21).

- L’apparence d'une vie spirituelle sans fondement ! à l’église de Sardes (ch.2 v.1à3).

- L'illusion du paraître au lieu de la réalité de l'être ! à l’église de Laodicée? (ch..3 v.15à19.

Pécheur, sais-tu "rentrer en toi-même", te courber dans l’humiliation devant ton Dieu? Faisant tienne cette prière du roi David :
"Sonde–moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Eprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, Et conduis-moi sur la voie de l’éternité !" (Psaume 139 v.24,25)

La véritable repentance donne gloire à Dieu :
"Alors Pierre, ouvrant la bouche, dit : En vérité, je reconnais que Dieu ne fait point acception de personnes, mais qu’en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable." (Actes ch.10 v.34,35).

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Pierre-Antoine ELDIN