EVANGILE

"Bonne nouvelle"



D'où vient le mot "Evangile" ?

Tout le monde sait que "Evangile" veut dire "bonne nouvelle", mais en quoi l'évangile est-il une bonne nouvelle ?
La difficulté à traduire ce mot va nous aider à comprendre pourquoi nous avons du mal à vivre cette bonne nouvelle.

Le mot "Evangile" a trois origines :

Le grec certainement, car il vient du mot grec "euangelion", formé du radical du verbe "angellô – annoncer", du préfixe nominal "eu – bien" et d'un suffixe de nom abstrait. Ce mot avec le sens de "bonne nouvelle" se trouve déjà chez Homère.

Du latin aussi, car il est, dès le IIème siècle, la transcription d'un mot intermédiaire (et non pas la traduction) de "Evangelium". C'est une exception grammaticale que l'on retrouve aussi avec "Christus".

De l'hébreu probablement, car une expression associant le mot "even – pierre" et un dérivé de la racine "GaLaL – rouler" qui donne "even gilaion", a une consonance très proche du grec "euangelion" et du latin "evangelium".

L'expression " rouler la pierre", se trouve déjà dans Josué pour évoquer quelque chose d'immuable comme l'entrée d'un tombeau scellé d'une pierre :

Josué ch.4 v.5 : "Il leur dit : Passez devant l’arche de l’Eternel, votre Dieu, au milieu du Jourdain, et que chacun de vous charge une pierre sur son épaule, selon le nombre des tribus des enfants d’Israël."
Josué ch.24 v.26,27 : "Josué écrivit ces choses dans le livre de la loi de Dieu. Il prit une grande pierre, qu’il dressa là sous le chêne qui était dans le lieu consacré à l’Eternel. Et Josué dit à tout le peuple : Voici, cette pierre servira de témoin contre nous, car elle a entendu toutes les paroles que l’Eternel nous a dites ; elle servira de témoin contre vous, afin que vous ne soyez pas infidèles à votre Dieu."

On la retrouve également dans l'Evangile de Matthieu ch.28 v.2 : "Et voici qu’il y eut un grand tremblement de terre ; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus." et de Jean ch.20 v.1 : "Le premier jour de la semaine, Marie–Madeleine se rendit au tombeau dès le matin, comme il faisait encore obscur, elle vit que la pierre était enlevée du tombeau."

La bonne nouvelle, bien au delà de la mort de Christ pour le péché de l'humanité, n'est-ce pas la résurrection du fils de l'homme, précurseur de l'humanité dans la présence de son créateur et à sa glorieuse ressemblance ?

Pour comprendre le sens de l'Evangile, il faut garder en mémoire le double sens du mot grec écrit "Euangelion - bonne nouvelle" et de l'expression phonétique hébreu "even gilaion - la pierre qui est roulée".

L'image fondamentale de la bonne nouvelle, n'est-elle pas la pierre roulée devant un tombeau vide qui indique que la mort est vaincue et que la vie a triomphé de manière glorieuse ?

Déjà dans la première Alliance avec son peuple, celle de la loi, Dieu avait commencé à promettre la victoire sur la mort, dans Osée ch.13 v.14 : "Je les libérerai de la main du séjour des morts, Je les rachèterai de la mort. O mort, où est ta peste ? Séjour des morts, où est ta destruction ? La clémence se dérobe à mes yeux !"
Dans la Nouvelle Alliance, celle de la grâce, Paul le proclame avec force dans sa première épître aux Corinthiens ch. 15v.55 : "O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon ?"

C'est l'existence du mot hébreu qui rend la traduction difficile de "Evangile" par "bonne nouvelle", pourtant n'est-ce pas la réalité de la pierre roulée devant le tombeau de Christ qui donne à l'Evangile toute sa puissance de "bonne nouvelle" pour tous ceux qui sont continuellement dans la crainte de la mort ?

Hébreux ch2 v.14,15 :"Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui–même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est–à–dire le diable, et qu’il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude."


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Pierre-Antoine ELDIN