L'ECHEC

"L'échec dans la vie chrétienne"


Chers amis chrétiens, avez-vous connu l'échec ?

Pourquoi poser une telle question ? Sans contestation possible, chacun de nous ne peut que reconnaître que l'échec est un passage obligé pour tous, indispensable à notre croissance et à la richesse de notre expérience. "Il est le fondement de la réussite" comme l'a dit il y a 25 siècles, Lao Tseu un stratège chinois. Cela se constate surtout pendant les premières années de la vie, quand la faculté nous est encore donnée de surmonter l'épreuve avec facilité et désinvolture. Mais l'échec est un compagnon fidèle, parfois il chemine peu de temps avec nous, parfois il s'installe pour une durée indéterminée.
Il devient vite encombrant et indésirable. Il se présente à nous sous plusieurs visages, celui de la maladie, de l'échec familial ou professionnel. Souvent sournois, il nous rend visite sans préavis en laissant une racine d'amertume dans le cœur, allant même jusqu'à empoisonner nos relations avec les autres.
Pire encore est l'échec intime, personnel. Il se cache derrière notre autosatisfaction religieuse et nos sourires de circonstance :
"Comment ça va ? Très bien. Merci Seigneur !"

L'insatisfaction et l'amertume enchaînent notre cœur, nous entraînant sur un chemin de dépression et de culpabilité. Lentement mais sûrement toutes les portes se referment en nous.
Notre prière ne semble pas s'élever plus haut que le plafond, la lecture de la Bible ne nous apporte plus notre pain quotidien, l'Eglise nous paraît bien imparfaite et chancelante, quand à la communion fraternelle, elle ne répond plus à nos attentes.
Devant une telle situation, nous nous demandons pourquoi cela nous arrive à nous qui marchons et appartenons à Dieu. Pourtant nous sommes fidèles, faisant sa volonté. Le péché est dénoncé dans nos vies et nous nous appliquons à vivre fidèlement la Parole de Dieu. Alors oui, pourquoi cet échec ?
Savez-vous que la Bible ne nous laisse pas sans réponse à ce sujet ? Regardons ensemble quelques unes des explications qu'elle apporte.

Précaution élémentaire :

Tout d'abord, simple précaution avant d'aller plus loin, attardons nous auprès de trois situations qui engendrent l'échec et auxquelles nous ferons bien d'apporter une rapide solution :

1 - La Bible dénonce le péché et il est normal que Dieu nous résiste si nous vivons avec un péché non confessé dans notre vie.
Mais rassurons-nous, sa miséricorde l'incite à ne pas nous traiter comme nous le méritons, Il pardonne l'iniquité et ne détruit pas, Il retient souvent sa colère et ne se livre pas à toute sa fureur. Il se souvient que nous ne sommes que chair, un souffle qui s'en va et qui ne revient pas (Psaume 78 v.38,39).
Si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste, victime expiatoire pour nos péchés (1 Jean ch.2 v.1,2).

2 - Dieu nous résiste si nous sommes légers dans nos prières ou nos paroles. Il ne peut tolérer que de nos bouches sortent du mal (même s'il est vrai) envers nos frères en la Foi (Jacques ch.4 v.1à12), ni même envers nos ennemis, puisque nous sommes invités à les bénir alors même qu'ils nous maudissent (Matt. ch.5 v.44 – Luc ch.6 v.28). La réponse se trouve dans l'amour et une attitude humble (Proverbes ch.17 v.9 - ch.18 v.12).

3 - La méconnaissance de Jésus-Christ, sa nature, ses paroles et sa manière d'agir, nous conduit rapidement dans une impasse. Notre attitude dictée par notre conception des choses, conduira Dieu à nous contrer pour préserver les autres de notre folie (Job ch.5 v.11à16 - Jean ch.15 v.5 – 2Pierre ch.2 v.15,16). Une étude sérieuse des Evangiles nous éclairera efficacement (Jean ch.15 v.1à11).

Ensuite, considérons le fait que si Dieu nous résiste et nous conduit dans l'échec, cela ne le dispense pas de nous aimer et de nous bénir. Les marques d'attention que nous obtenons de sa part, ne sont à notre égard qu'une marque de sa miséricorde et de son amour, non un signe d'assentiment de notre action (Romains ch.10 v.21) Quel est le père qui priverait son fils de soins et d'affection parce qu'il a désobéi ? De lui nous recevons le bien et nous ne recevrions pas le mal ? Soyons assurés qu'Il veille sur nos âmes et celui qui nous touche, touche la prunelle de ses yeux. (Job ch.2 v.10 - Zacharie ch.2 v.8).
S'Il nous châtie, c'est parce qu'Il nous aime. Comme le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur Jésus-Christ, avec Lui l'affliction n'est jamais pénale, mais pédagogique. Il ne nous punit pas pour les fautes commises, mais nous corrige pour ce que nous sommes, une race de pécheurs incrédules qu'Il désire conduire dans la Sainteté et une parfaite foi solidement ancrée dans sa Parole.
(Esaïe ch.53 v.5 - Hébreux ch.12 v.1à13 - 1 Pierre ch.1 v.15à25).

Dans le vif du sujet :

Enfin abordons l'objet de notre réflexion, pourquoi l'échec sans cause apparente ? Il convient de préciser que sans cause apparente ne signifie pas sans cause du tout.
Ce n'est pas parce que nous ne voyons pas "pourquoi", qu'il n'y a pas de "parce que" à notre situation d'échec.
Prenons conscience qu'au dessus de toute situation, Dieu règne en maître souverain. Des hommes voulurent mettre un pourquoi sur un aveugle de naissance, Jésus les renseigna sur la raison valable : "Afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui" (Jean ch.9 v.3).
Aussi incroyable et insupportable que cela puisse paraître, l'échec est inscrit dans la plan de Dieu pour ceux qui confessent sa Seigneurie et qui lui ont dit un jour : "Je te donne ma vie". Surtout s'ils adressent leurs prières à leur "Père et Seigneur ".
- Job en est l'exemple parfait. "Voilà un homme qui était intègre et droit, craignant Dieu et se détournant du mal" (Job ch.1 v.8). Comme lui, Dieu peut nous conduire dans l'échec pour enseigner ses anges et "donner une leçon" à Satan. En effet, Dieu veut nous révéler aux dominations et aux autorités dans les lieux célestes la sagesse infiniment variée qu'Il donne à son Eglise. Aussi nous ne perdons pas courage dans ces tribulations qui peuvent prendre le visage de l'échec. Notre comportement dans ces situations sera un glorieux encouragement pour d'autres (Ephésiens ch.3 v.10 à 13).
- Moïse est considéré comme un conducteur modèle, pourtant Dieu ne lui permit pas de prendre possession du pays promis, l'associant à l'échec du peuple rebelle (Deut. ch.3 v.23à29). Souvent Dieu retient sa bénédiction et use de patience envers les retardataires, pénalisant les forts pour marcher au pas du plus faible (Job ch.34 v.21 - 1 Cor. ch.9 v.22).
Cela nécessite notre accord et cette situation ne se rencontre que pour ceux qui prennent à coeur la croissance de leurs frères et soeurs et qui savent devenir volontairement esclave avec les esclaves, faible avec les faibles, pour leur salut (1 Cor. ch.9 v.15 à 23 - 2 Cor. ch.11 v.16 à 33).

L'échec utilisé par Dieu :

- Une situation d'échec peut être utilisée par Dieu pour parler à quelqu'un de son amour et de ses compassions. Certains ont le cœur tellement dur ou tellement blessé, qu'ils ne peuvent supporter la lumière directe.
La seule possibilité qu'Il ait à sa disposition pour les éclairer, c'est un miroir. Alors Dieu nous utilise, comme cet homme qu'il conduisit sur un lit d'hôpital pour témoigner à son voisin de chambre, cet autre qu'il utilisa en prison pour parler à d'autres prisonniers ou la longue liste de ceux qui nous précédèrent et qui n'obtinrent pas ce qui leur était promis, car Dieu avait quelque chose de meilleur pour nous (Hébreux ch.11 v.35à40).
- Sans compter que l'échec qui génère la souffrance, nous permet de mieux comprendre la souffrance des autres et celle endurée par Christ pour notre salut. Cela nous permet d'apprendre le renoncement à soi-même afin de connaître Christ, la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances en devenant conforme à lui dans sa mort (Philippiens ch.3 v.10,11).
Nous mesurons très difficilement le travail qui s'accomplit dans notre âme lorsque nous passons par la souffrance et la douleur. Dieu nous attire et nous conduit au désert pour nous parler et nous bénir (Osée ch.2 v.16à18).

La victoire dans l'échec :

Enfin, la vie chrétienne est semblable à un champ de bataille sur lequel s'affrontent deux camps ennemis qui ne pourront jamais s'asseoir autour d'une table de négociations pour faire la paix, ni même établir un simple compromis :
1 - le camp du péché, ce pauvre monde dans lequel les hommes sont esclaves de Satan le prince des ténèbres. Il règne pour un temps sur notre pauvre humanité, usant de la vanité humaine, du mensonge, de la maladie et de la peur de la mort comme instruments de puissance (Marc ch.4 v.15 - Luc ch.22 v.31 - Actes ch.26 v.18).
2 - Le camp des saints de Dieu, hommes et femmes de toutes races, de toutes conditions et de tous âges, rachetés par grâce, avec Christ comme chef. Ils n'ont que l'amour de Dieu, leur douce humilité et leur foi pour vaincre le monde, se servant de la Bible pour proclamer la vérité et de la prière pour triompher de leur adversaire. Leur puissance se trouve dans la mort et la résurrection de Christ (Ephésiens ch.2 v.8à10 - Colossiens ch.2 v.8à15 - 1 Jean ch.5 v.1à5).
Si marchant avec Christ, nous ne nous sommes pas heurtés à Satan aujourd'hui, c'est fatalement que nous allions dans la même direction que lui.
Mais si au contraire, en travaillant avec Dieu, nous rencontrons l'adversité, la tentation, la critique, le découragement, la médisance, la calomnie, et hélas parfois même la trahison de certains frères, alors si c'est le cas, nous pouvons rassurer nos cœurs :
Nous commençons à ressembler à notre Seigneur, "car le serviteur n'est pas plus grand que son maître." (Jean ch.15 v.20,21)
Nous partageons les mêmes tribulations que nos frères à travers les siècles et de part le monde. C'est la volonté de Dieu pour son Eglise afin de l'épurer et nous émonder (Jean ch.15 v.1à5), mais aussi pour que nous nous rendions à tous égards recommandables par la patience et avec sobriété. (Matthieu ch.10 v.16à39 - Actes ch.20 v.23 - 2 Corinthiens ch.6 v.1à10 - 1 Pierre ch.4 v.12 à ch.5 v.11).



Voilà, nous n'avons pas fait le tour complet de la question, mais nous avons abordé quelques explications à l'échec. Puissent-elles nous permettre de nous tenir devant Dieu avec vérité et humilité. La souveraineté de Dieu :
Mais la réponse finale à notre situation particulière, revient à Dieu seul. Sa puissance et sa prescience, nous assurent la garantie d'un contrôle divin et providentiel sur toutes les circonstances de notre vie. Il n'est pas comme certains pourraient le croire, limité dans son action par notre liberté. (Psaumes 51 & 139).
Dans son dessein éternel, Il avait prévu la crucifixion de son Fils Jésus-Christ. Pourtant c'est la foule qui criait : "Crucifie, crucifie !". Satan et ses démons, croyaient triompher, mais c'est Dieu qui offrait le plus merveilleux salut que le pécheur repentant puisse imaginer.
Dieu est souverain ! Et à Golgotha le Seigneur du ciel et de la terre avait le contrôle absolu de toute la situation. Pourtant c'est l'homme, impie et entièrement responsable de ses actes, qui crucifia le juste (Actes ch.2 v.23).

Que par son Esprit et sa Parole Il nous éclaire, nous corrige, nous censure, nous exhorte afin que nous soyons conforme à Sa volonté pour notre vie. Acceptons-le, à moins que nous ayons comme certains la démangeaison de n'entendre que des choses agréables (Jean ch.16 v.12à15 - 2 Timothée. ch.3 v.16 à ch.4 v.5), ce qui serait préjudiciable pour nous, car nous passerions à côté d'une dimension spirituelle dans la quelle seul Dieu, par les circonstances de notre vie, peut nous introduire.


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Pierre-Antoine ELDIN